dimanche 28 mars 2021

INFORMATION STRUCTURE

Déficellage du traçage – power to the people.

Méthode de parallélisation des réseaux

Nous pouvons très rapidement créer un réseau en technologie alternative où nous ne sommes plus obligés d’accepter de stocker ou transformer nos données sur des appareils autres que les nôtres. Les clés USB sont maintenant largement assez volumineuses pour stocker les données et les logiciels qui nous sont nécessaires.

Il existe des systèmes hors internet qui peuvent remplir les fonctions du Cloud et il existe des langues de programmation (comme JavaScript et CSS) qui ne nécessitent aucun serveur. Il existe des logiciels complexes, gratuits, sans cookies, en logiciel libre et Open Source (licence GPL – sans profit, open commons), faits en Europe (Linux, LibreOffice, Wikipédia).

Il existe donc des systèmes sans algorithmes, sans traçage et sans cookies. Par contre, avec l’ascendance de ces méthodes de traçage banalisé, il existe peu de motivation de ne pas utiliser les cookies, même pour ceux qui n’essaient pas de profiter de nous. On peut prendre l’exemple d’un logiciel libre comme Libre Office qui va interroger votre ordinateur pour savoir si vous avez la version courante et installer la nouvelle version sinon, tout sans que vous en soyez conscient. Si chaque logiciel vous demandait de telles choses tout le temps, ce serait plutôt irritant. Par contre, si vous aviez opté pour la solution « sans cookies », avec des sessions de « update » programmés, il y aurait des motivations fortes, pour ceux qui font le logiciel, de ne pas vous déranger trop fréquemment et d’eux-même organiser leurs systèmes de manière plus harmonieuse avec votre emploi de temps. Ces options alternatives devraient être développées, pour qu’une économie numérique « tout cookie » ne soit pas la seule alternative aisément accessible. Cela devrait être au program de tout enseignant.

Il n’est plus suffisant que le gouvernement nous annonce qu’il est en train de parler avec les GAFFAMs pour qu’ils arrêtent de conditionner leurs services par notre acceptation des ces espions de traçage chaque fois plus intrusifs – où par l’utilisation de publicités si on ne paie pas pour ne pas les avoir – qui nous conditionnent et qui nous coupent de l’altérité réelle, qui nous empêchent d’utiliser nos propres cerveaux pour déterminer nos actes, qui violent notre vie privée en nous mentant là-dessus.

Le gouvernement peut continuer de leur parler, mais il faut qu’il nous fournisse d’abord des moyens alternatifs. D’ailleurs il est un peu illogique de donner aux riches (ceux qui achètent) la possibilité de ne pas recevoir des publicités, en obligeant les pauvres (ceux qui n’achètent pas) d’en recevoir. Une attitude socialement progressive serait de faire payer aux riches le libre accès aux pauvres à ces outils numériques de première nécessité. C’est, en effet, le principe du logiciel libre. Il est d'ailleurs évident que l'entreprise "cookies" est tentaculaire et qu'on est tout à fait capable de pénétrer et d'influencer nos réseaux sociaux humains, par l'effet de levier, déjà. Les influenceurs sont, de ce fait, les premiers influencés.

Cependant, il ne suffit pas de laisser la situation se gâter sans tenter d'avancer dans l'autre sens. Ci-bas des propositions, toutes les propositions cherchent à nous pourvoir d'un accés égal légal de base, sans paiement aucun, et la provision obligatoire d'une alternative non-numérique, par loi :

- l’utilisation systématique de logiciels libres dans les services publics (il y en a, parfois...)

- l’accès libre à tout service numérique sans aucune obligation de s’identifier individuellement devant une machine – sans aucun cookie, ni traçage, ni enregistrement, ce qui revient à peu près au même

- la possibilité d’identifiants groupés, non-individualisés, accessibles à tous, à l'instar du téléphone fixe

- la possibilité de travailler hors réseau, avec relais via hub pour des communications à distance

- la provision de listes de services et de logiciels qui nous permettent l’accès indépendant à ces services, selon notre jugement, des listes faciles à obtenir et des logiciels faciles à installer – si nécessaire avec l’aide gratuite de personnel professionnel formé. Il n’est pas acceptable qu’il faut être un génie du code pour y parvenir. Les gens ont autre chose à faire de leurs vies.

- la recherche publiquement financée pour créer des machines au service des humains et pas des humains qui sont obligés à s'adapter aux machines, dans le périmètre des critères définis ci-dessus

Le siphonnage des réseaux sociaux

L’existence réelle de ces alternatifs nous laisse un choix réel. Sinon l’expérience nous démontre que les GAFFAMs vont toujours trouver un moyen de nous devancer. Il faut un contrepoids pro-actif et déterminé. Il serait ainsi possible pour des populations entières de dépeupler les réseaux sociaux existants, une sorte de « reverse engineering » bien mérité. Il est difficile de voir le modèle économique des grandes entreprises numériques si une telle situation existait, ce qui pose la question : est-ce que, pour être viables, ces grandes entreprises doivent nuire aux intérês de leurs clients, dans le fond ? S'en nourrir, en les fragilisant ? Les intérêts du petit peuple ont toujours été subordonnés aux intérêts des grands pouvoirs d'état, si cela était possible. Il est difficile de voir la différence par rapport à ce qu'on appelle les GAFFAMs.

Le lecteur attentif sera conscient qu’un monde sans traçage numérique centralisé comme celui qui est proposé permet autant à l’extrême droite, aux réseaux terroristes, criminels ou pédophiles d’agir en secret que l’honnête citoyen.

La situation actuelle paraît préférable, dans une démocratie consensuelle et non-corrompue, c’est à dire un contrôle positif des données retenues, des cookies qui ne sont fonctionnels que pour les opération spécifiées, sans partage entre fonctionnaires, une gestion par niveau de confiance, des pare-feux, la destruction d’information personnelle après usage, l’utilisation préférentielle de systèmes nationaux qui remplacent la fonctionnalité évoluée par les GAFFAMs et les entreprises internationales.

Le paradoxe est cependant là. Il est probable que la police a moins d’accès à nos données et d’intelligence sur qui nous sommes et ce que nous faisons que des entreprises lointaines, étrangères, bien financées, non-identifiées et sans limites effectives déontologiques (cf. Cambridge Analytica). Comme la bureaucratie ne peut pas pleinement utiliser la fonctionnalité potentielle de ces technologies, elle est finalement moins efficace que les institutions privées qui nous font marcher – et peut même trouver intéressant d’utiliser les services mieux développés de ces acteurs anti-déontologiques en cas de besoin.

Précisément.

L’indéterminisme d’échelle et de vrai interlocuteur qui a lieu sur l’internet actuel fait qu’on peut exercer beaucoup de pouvoir sans responsabilité – c’est-à-dire être puissant sans être tenu responsable. Ceux qui essaient d’agir responsablement sont pénalisés, relativement aux abuseurs et profiteurs du système. Ou bien, si ces organismes sont distants et ont la capacité d’atteindre des millions et des milliards d’individus, peu importe les droits de ceux qui ont le moins la possibilité de les faire valoir.

Si, par contre, on rend le pouvoir décisionnaire sur l’anonymat numérique au citoyen, qui agit localement et de manière groupée, on est en train de militer en faveur de cette échelle d’interaction, une interaction rattachée à l’échelle humaine sociale. On peut faire des saisies de matériel numérique physique, dans le cas de certaines infractions. On peut identifier le hub qui a été utilisé. Néanmoins, cette information n’est pas accessible à grande distance, sans présence physique locale. Le traçage systématique aura cessé, de ce fait, d’être pervasif, permanent et omniprésent.

Le citoyen peut, quant à lui, récupérer le droit présomptif réel à la vie privée et à l’auto-détermination en interaction avec les personnes physiques présentes dans son entourage immédiat et environnant, sans devoir s’absenter des bénéfices, putatives ou autres, de la citoyenneté numérique. L’autorité publique aura moins à traiter par obligation avec des acteurs hors sphère, qui agissent sous des lois différentes, ou à chercher à faire appliquer des lois complexes de coopération internationale pour atteindre un but à proximité.

Finalement, un tel système agit plutôt en défaveur des agents criminels et autrement nocifs, en redonnant le pouvoir aux humains dans un contexte humain, tout en étant pro-liberté/privacité personnelle..

Il est probable que ce qui est proposé ici deviendra la norme dans le proche-avenir, puisque le développement de la technologie le rend déjà faisable et il y a maturation du savoir culturel dans ce sens. Dans la mesure que les autorités publiques n’anticipent pas ce changement et n’aident pas les citoyens à le mettre en place, ils perdront leur autorité, pratiquement et éthiquement. Il est néanmoins difficile pour les héritiers d’un système centraliste de surveillance de s'emparer de cette logique et de changer leur culture à un tel point, dans un délai si court. La sévérance est pourtant nécessaire.